Zoom sur les vêtements

Zoom sur les vêtements

Semaine du 09/06/2014 :

 

Zoom sur la petite histoire du prêt-à-porter

 

Le terme prêt-à-porter est la traduction littérale de l'anglais Ready to wear. Il désigne le passage de la couture artisanale, où le vêtement était fait sur mesure, à la standardisation, qui permet une production en série d'un même vêtement.

 

De la confection au prêt-à-porter

 

Durant la première Guerre Mondiale, l'armée américaine dut habiller en un temps record ses soldats. On découvrit alors la standardisation des tailles, qui pouvait entraîner une diminution des temps de fabrication et donc une baisse des coûts. Cette technique, nommée "confection", va s'appliquer aux vêtements civils.

Jusqu'à la seconde Guerre Mondiale, la confection ne représente qu'un quart de la production globale de vêtements.

L'appellation prêt-à-porter apparaît pour la première fois en 1947. 3 ans plus tard, la société Weill l'emploie pour une publicité. Ce terme va désigner des entreprises qui créent desmodèles en série, mais qui apposent une griffe sur chaque vêtement. Depuis la fin des années 60, le PAP a définitivement démocratisé le vêtement.

 

Le prêt-à-porter des créateurs et le prêt-à-porter industriel

 

Lassés de voir recopier leurs modèles de Haute Couture, les couturiers vont créer des modèles spéciaux destinés à être vendus en série. En 1958, naît le terme de "prêt-à-porter création", sous l'impulsion de Jacques Heim. Président de la chambre syndicale de la couture de 1958 à 1962, il réunit des couturiers sous la bannière du Club des dix. Deux défilés par an sont organisés dans des hôtels prestigieux et surtout, les vêtements sont fabriqués par les mêmes confectionneurs. 

Quelques années plus tard, les couturiers installés lanceront le prêt-à-porter de luxe, appelé également prêt-à-porter des couturiers.

 

Le prêt-à-porter industriel se caractérise moins par le style, qui fait le PAP des couturiers et des créateurs, que par le développement de produits adaptés aux diverses tendances de la mode. Moins cher, il utilise des matières moins coûteuses, pour des formes souvent simplifiées mais surtout, ne bénéficie pas du prestige d'une griffe.

Pour en savoir plus :

Le vêtement, MN Boutin Arnaud & S. Tasmadjian, éditions Nathan.

 

Semaine du 24/02/2014 :

 

La petite histoire du tailleur, épisode 1/2 :

 

Version féminine du costume masculin, le tailleur est composé d'une veste assortie d'unejupe ou d'un pantalon dans le même tissu.

Le tailleur est une tenue féminine ambivalente; d'un côté il est le signe de nouveaux comportements qui prônent l'égalité des sexes, la réussite sociale, de l'autre, il est accusé de classicisme, voire de conservatisme.

 

Sous l'influence des sports équestres, les femmes adoptent au 17ème siècle l'ancêtre du tailleur : la hongreline, veste agrafée sur le devant et serrée à la taille, portée sur une jupe de la même étoffe.

 

Au 18ème siècle, les femmes de la bourgeoisie naissante, soucieuses de se distinguer des aristocrates aux robes somptueuses, adoptent le casaquin ou caraco, détournement de laredingote masculine.

 

Au 19ème siècle, 3 facteurs accélèrent la diffusion du tailleur :

- l'urbanisation croissante et la standardisation des modes de vie

- les revendications féministes

- et la pratique du sport

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Au début du 20ème siècle, il est composé d'une veste ou d'un manteau court, d'une chemise et d'une jupe longue tenue pratique et sobre pour les déplacements en ville.

 

L'habitude du tailleur est prise pendant la première puis la 2ème Guerre Mondiale et les robes ont désormais une aura de frivolité. A la fin des années 20, on travaille et on se marie en tailleur.

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Semaine du 03/03/2014 :

 

La petite histoire du tailleur, épisode 2/2:

 

En 1947, en pleine période de rationnement, Christian Dior lance le fameux tailleur Bar, fer de lance du New LookVeste galbée par des entoilages spéciaux, épaules arrondies, jupe rallongée et très ample. Ce tailleur fait scandale car il est jugé trop coûteux. Christian Dior s'est en fait inspiré des volumes des vêtements de l'Ancien Régime.

 

Dans les années 60, le tailleur est carré et le plus souvent à distance du corps. Yves Saint Laurent habille pour la première fois les femmes d'une manière androgyne avec le premier smoking pantalon. Jusqu'alors et malgré une timide tentative dans les années 20, on associait tailleur pantalon à revendication homosexuelle !

 

Les années 70 rejettent complètement le tailleur.

Dans les années 80, notamment avec les couturiers Thierry Mugler et Claude Montana, la jupe est raccourcie et les épaules élargies. Il devient l'emblème de la Carrier Woman, l'uniforme féminin au travail.

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Les années 90 déstructurent le tailleur qui devient ensemble. La jupe ou le pantalon sont confectionnés dans des tissus différents.

Aujourd'hui, il est considéré comme l'uniforme de la femme qui travaille.

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Voir la sélection de tailleurs-jupe de Business Style.

Voir la sélection de tailleurs-pantalon de Business Style.

  

Pour en savoir plus :

100 idées qui ont transformé la mode, Harriet Worsley, Editions du Seuil.

Le vêtement, MN Boutin Arnaud & S. Tasmadjian, éditions Nathan

 

 

Semaine du 31/03/2014 :

 

Zoom sur les boutons pression, les épaulettes et les cols :

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* Le bouton-pression, c'est moderne : Agnès B (1979)

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 Certes, le boutonnage pressionné existait avant Agnès B., mais le talent de la créatrice est de l'avoir appliqué à la maille fine. Elle renouvelait ainsi le twin-set à boutons de nacre connoté un peu "bourgeoise", un peu "Grace Kelly".

En lui donnant cette touche industrielle, Agnès B. en fait un indispensable - un basique - qu'elle reconduit et retravaille de saison en saison.

 

* Les épaulettes :

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 Chemisier à épaulettes, Emanuel Ungaro.

 

En 1931, Elsa Schiaparelli crée le premier tailleur avec épaulettes pour femmes. Immédiatement, les studios de cinéma s'en emparent pour habiller Marlène Dietrich. Elles sont faites pour donner à la femme une taille plus mince. L'épaulette bénéficie d'un grand succès des années 30 jusqu'en 1947 avec Dior et son New Look. Elles sont ensuite délaissées pour revenir dans les années 80 et équiper les cadres féminins. Thierry Mugler et Claude Montana sont les plus intrépides dans leur emploi. Elles représentent le Power dressing pour concurrencer les hommes sur le lieu de travail. Les vestes sont également élargies. En 2009, Balmain les utilise dans des proportions plus raisonnables et les fait remonter en pagode.

 

* les cols :

 

Partie rapportée d'un vêtement dans l'encolure.

Il existe différents types de cols pour donner du caractère à une veste ou une chemise :

- Ascot : habillé, montant, fait d'une bande de tissu qui se noue de différentes façons.

- Barrymore : large col retourné à longues pointes, à la mode dans les années 70.

- Convertible : le bouton du cou peut être fermé ou ouvert.

- Gladstone : rendu populaire par le 1er ministre britannique Gladstone, c'est un col dont les pointes sont empesées pour être maintenues horizontales de part et d'autre.

- Claudine : plat à bouts arrondis, à la mode pour les femmes dans les années 50.

- poète : à longues pointes, dépourvu d'angle entre le col et les revers.

- Windsor : légèrement empesé, avec un écart important entre les pointes, conçu pour être porté avec un nœud Windsor

- cassé : petit col haut dont les pointes dépassent horizontalement.

 

 

Pour en savoir plus :

100 idées qui ont transformé la mode, Harriet Worsley, Editions du Seuil.

Dictionnaire visuel de la mode, Gavin Ambrose, Editions Pyramid.