Zoom sur les couturiers

Zoom sur les couturiers

Historique des notes et synthèses de Business Style sur les couturiers.

Semaine du 6/10/14

 

Zoom sur Azzedine Alaïa : épisode 1/2 "son histoire"

 

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Citation : "Une femme est comme une actrice, toujours en scène"

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Azzedine Alaïa est né en Tunisie en 1940.

Ce tunisien toujours habillé de noir, en espadrilles et veste chinoise, est réputé pour son caractère intransigeant et son franc-parler. C'est suffisamment rare dans la mode pour être mentionné ; il n'y a guère que Karl Lagerfeld - qu'il déteste - pour lui donner la réplique !

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Il apprend la sculpture aux beaux-arts à Tunis, la couture avec sa soeur, travaille chez une couturière pour payer ses études et dévore les pages de Vogue ! Il quitte la Tunisie dans les années 50 pour Paris où il se fait embaucher chez Dior.

"Cinq jours à coudre des étiquettes !"- il a déjà son tempérament - il s'en va pour entrer chez Guy Laroche. Deux saisons où il affine sa formation technique.

En 1960, l'aristocratique famille Blegiers l'embauche comme intendant de la maison etcouturier de la comtesse et de ses amis. Tout en oeuvrant en parallèle pour d'autres marques, il séduit la haute société parisienne, rencontre Arletty et Louise de Vilmorin qui resteront à jamais pour lui des modèles de féminité.

Ses clientes lui restent fidèles quand, dans les années 70, il fonde sa griffe, logée dans son petit appartement. Plus de 40 ans plus tard, il demeure résolument artisanal, tissant des liens personnels avec ses acheteuses.

Copié et sollicité par les plus belles femmes du monde, il n'a jamais cédé à la mégalomanie.

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Quand Prada, en 2000, lui propose un "mariage" pour financer un développement plus large, l'union dure 7 ans. Aujourd'hui, il est associé financièrement au groupe Richemont et continue de défiler dans son showroom du Marais selon un mystérieux calendrier qui lui est propre, maître en son royaume.

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Voir les articles Alaïa de la boutique Business Style.

 

Semaine du 13/10/14

Zoom sur Azzedine Alaïa : épisode 2/2 "son style"

Alaïa a le génie des courbes féminines. Qu'il élabore ses robes en maille viscose rigide, ses vestes à basques ou ses fines redingotes en crêpe de laine, il parvient à faire courir le vêtement le long du corps comme une seconde peau.

Avec des coutures astucieusement placées, des découpes, des nervures et des biais, il sait mettre en valeur n'importe quelle morphologie.

Dans les années 80, ses robes ultra-moulantes offrent un corps tonique et une grande confiance en soi ; la femme est sexy et provocante avec une sexualité assumée. Les grands tops modèles l'adorent et travaillent gratuitement pour lui lorsqu'il rencontre des difficultés financières.

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L'art de la coupe : apparemment simple mais tellement complexe. Vous pouvez être ultramince, dans ses robes de maille moulante, vous aurez des formes. Et si vous vous trouvez trop ronde, Alaïa vous fait perdre vos complexes tant le sex-appeal chez lui est une évidence.

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Sa maille - fabriquée en Italie comme ses chaussures - est le fruit d'une recherche inlassable : jersey, à côtes, ajourée, souple ou rigide, tourbillonnante ou à bandelettes stretch, elle tient le corps comme une gaine. La matière scintille en reflets irisés ou joue les couleurs profondes.

D'ailleurs, s'il raffole des lignes aguicheuses, le couturier n'aime que les teintes classiques : le noir et le blanc surtout, le beige, le gris, le rouge unis.

Autre base d'Alaïa, les chemises de coton blanc, lumineuses.

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Enfin, son autre matière fétiche, c'est le cuir - les reptiles surtout, croco, python, lézard - qu'il sait travailler comme personne.

Il est le premier à avoir eu l'idée de traiter le cuir comme du tissu. Mais quand, fin des années 70, il propose à la maison Charles Jourdan une petite collection de prêt-à-porter en cuir clouté, il essuie un refus. C'était pourtant exactement ce qui aurait convenu à la marque qui n'a jamais trouvé son style. Tant mieux : ces vêtements-là, il les reprend pour sa propre griffe, et ils deviendront un hit.

 

Unique en son genre, Alaïa ne fait pas la différence entre la Haute Couture et le prêt-à-porter, ses prix non plus, hélas...

Au cours de sa carrière, Alaïa a été influencé par Yves Saint Laurent / l'Afrique / Vionnet / l'art contemporain / Dior / Balenciaga / Issey Miyaké / Charles James.

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Sources : 

Fashion, mode d'emploi

 

Semaines du 19 et du 26/05/2014 :

 

Zoom sur le couturier John Galliano, épisode 2/2 : son style

 

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Rien n'est jamais trop pour John Galliano. Qu'il conçoive des modèles pour sa propre maison ou pour Dior, il lui faut de colossaux métrages de tissu, qu'il fait souvent imprimer comme cette robe 17ème siècle à crinoline illustrée de pages de journal.

Sa Haute Couture Dior est un chatoiement de mousseline, de velours et de taffetas. Ses chaussures haut perchées - la terreur des mannequins - finissent une silhouette de libellule sexy, de petit marquis ou de duchesse ponctuée d'un maquillage toujours sophistiqué.

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Pour le Prêt-à-Porter, il sait épurer son inspiration, revenir à la source d'une féminité complètement Dior : petit buste, taille fine, parfois exaltés par d'immenses manches bouffantes, vestes à basquestailleurs fifties, fourreaux glamour et esprit lingerie sont des constantes.

Galliano a toujours regardé du côté des grands couturiers, surtout Madeleine Vionnet et Paul Poiret, pour faire revivre des procédés abandonnés par la production industrielle, comme le biais, dont il est devenu un maître inégalé.

 

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Fervent défenseur des coupes asymétriques romantiques et de la Haute Couture théatrale des années 50 au sein d'une mode dominée par le minimalisme et le grunge, il fait office d'ovni dans les années 1990-1995.

 

Il a dit " Je veux qu'un homme voyant une femme dans mes robes se répète :"Je dois faire l'amour avec!""

 

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Semaine du 12/05/2014 :

 

Zoom sur le couturier John Galliano, épisode 1/2 : son histoire

 

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John Galliano est un héros de la mode britannique. Né en 1960 à Gibraltar dans une famille d'ouvriers, il quitte son île natale pour le Sud de Londres à l'âge de 6 ans. La tendre enfance du jeune Juan Carlos Antonio, avec ses cérémonies religieuses et sa culture du soleil, représente une source d'inspiration constante pour Galliano.

Pur produit du métissage et d'une passion phénoménale pour la mode, il a grandi entre ses 2 grandes sœurs Rosamaria et Imaculata, une mère espagnole folle de flamenco et un père d'origine italienne, plombier.

 

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 En sortant du lycée pour garçons Wilson's Grammar School, il réussit à entrer à Central Saint Martins, dont il sort diplômé en 1984. Inspirée par la révolution française et baptisée "Les incroyables", sa collection de fin d'études est achetée par Joan Burnstein de chez Browns (grand magasin londonien, ndlr), ce qui le catapulte directement sur le devant de la scène, mais sa carrière reste à quai.

 

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Dans les années 80, il se ruine en collections spectaculaires et se retrouve lâché par ses financiers.

 

Au bout de 10 ans, en 1992, découragé, il émigre à Paris où Anna Wintour, rédactrice en chef de Vogue, se charge de lui trouver un sponsor (le groupe bancaire Paine Webber) et un lieu pour défiler (le manoir de la milliardaire Sao Schlumberger). C'est le décollage : les fins limiers de Bernard Arnault, patron de LVMH, le repèrent, le propulsent 2 ans chez Givenchy (4 British Designer of the Year Awards !), puis à la tête de Dior où il restera jusqu'en 2011.

 

 

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Voir les articles de la marque Galliano et du couturier dans l'e-boutique de Business Style.

 

Pour en savoir plus :

Fashion Now, éditions Taschen.

Le musée de la mode, éditions Phaidon

 

 

Semaines du 28/04 et du 5/05/2014 :

 

Zoom sur le couturier Gianfranco Ferré :

 

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Gianfranco Ferré est né le 15/08/1944 à Legnano en Italie.

Initialement destiné au métier d'architecte, il débute dans la mode en 1970 en dessinant des bijoux et des accessoires, puis des imperméables de 1972 à 1974. Il lance sa maison de couture Baila en 1974 et présente sa première collection femme en 1978. Pour lui, la couture est à base de géométrie : on prend une forme plate et on la lance dans l'espace.

 

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Il est nommé par Bernard Arnault en 1989 pour remplacer Marc Bohan à la tête de la Haute Couture mais également du prêt-à-porter et des fourrures de la maison Dior.

Il reçoit le dé d'or pour sa première collection Ascot-Cecil Beaton chez Dior, c'est à cette occasion qu'il sera surnommé l'architecte de la mode.

Ferré accorde ses préférences à une palette neutre animée par les éclats de "son" rouge vif. Perfectionniste, son habileté technique se perçoit dans la précision de ses vêtements.

Malgré la qualité de ses créations, les profits ne sont pas au rendez-vous. Ferré passera 7 ans chez Dior et sera remplacé en 1996 par un nouveau poulain de Bernard Arnault, l'Anglais John Galliano.

 

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En 1994, les collections de la griffe Gianfranco Ferré sont distribuées en exclusivité dans 17 boutiques à travers le monde et il dispose de plus de 250 points de vente.

En 1996, sa société réalise un chiffre d'affaires supérieur à 800 millions de dollars, 70 % de ses ventes étant réalisées à l'export.

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En 1999, il retourne à Milan où il crée une ligne de vêtements et d'accessoires pour homme et femme, des collections sobres, aux lignes épurées mais toujours équilibrées. Ses collections se singularisent par une attention particulière portée aux volumes. Ses chemises blanches, au patronage élaboré, parfois brodées, font référence. Ses vestes de cuir sont également emblématiques de son style. Il a également lancé plusieurs parfums. Sa griffe est plus décontractée et plus pratique que celle de Dior

Il est décédé le 17/06/2007 à Milan, des suites d'une hémorragie cérébrale.

 

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Voir les articles de Gianfranco Ferré dans l'e-boutique de Business Style.

Pour en savoir plus :

Les secrets de la mode, Yann Kerlau, editions Perrin.

Le musée de la mode, éditions Phaidon

 

Semaines du 07 et du 14/04/2014 :

 

Zoom sur le styliste Marc Bohan :

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Styliste français né à Paris en 1926. Fils d'une modiste, Marc Bohan débute chez Patou en 1945 mais apprend vraiment le métier en 1947 en devenant assistant modéliste chez Piguet, en même temps qu'Hubert de Givenchy.

Après un passage chez Molyneux en 1949, il fonde sa propre maison avenue Georges V en 1953 avec 2 ateliers et 4 vendeuses. Des difficultés financières l'obligent très rapidement à fermer. Il revient alors chez Patou où il s'occupe pendant 4 ans de la Haute Couture.

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Christian Dior l'engage alors pour Dior New York mais meurt avant que le projet ne se réalise. Marc Bohan rentre cependant chez Dior à Paris avant de prendre en charge la filiale de Londres. En 1960, il remplace Yves Saint Laurent parti sous les drapeaux et devient Directeur Artistique de Dior, assisté de Philippe Guibourgé, puis de Gérard Penneroux pour le prêt-à-porter. Il était de son temps et fit preuve de jeunesse d'esprit. Sa collection d'hiver 1966, saisissante et influencée par le film Docteur Jivago, fut acclamée et déclencha la folie des bordures de fourrure, des manteaux de tweed à ceinture, portés avec des bottes hautes et noires.

Dé d'or de la couture en 1983 et 1988, il est remplacé à la tête de la Haute Couture de Dior en 1989 par Gianfranco Ferré. Cette année-là, il est appelé pour tenter de sauver la maison de Norman Hartnell (couturier royal) à Londres.

 

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Semaine du 17/03/2014 :

 

Zoom sur Emmanuelle Khanh (épisode 1/2) : son histoire

 

Marque française de prêt-à-porter créée en 1972. Emmanuelle Khanh avait auparavant créé la marque Emma Christie avec son amie Christiane Bailly.

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Emmanuelle Khanh est née en 1937 et débute en 1956 comme mannequin chez Balenciaga pour 2 saisons. Elle y apprend notamment les essayages et le choix des tissus. Dès 1959, considérant que la Haute Couture ne lui correspond pas, elle commence à créer ses propres modèles, aidée par une assistante de Givenchy pour lequel elle défile depuis 1957. Egalement mannequin volant pour Prisunic, elle est remarquée à la sortie d'une présentation par Claude Brouet, alors qu'elle porte ses propres créations. Celle-ci, journaliste au magazine Elle, lui consacre un reportage en 1960.

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Dès lors, elle dessine des modèles pour le Printemps puis pour Dorothée, la boutique d'Elie et Jacqueline Cobson en 1962. La même année, un des façonniers de Dorothée, Jean Cacharel, monte sa propre affaire et lui demande une collection. Elle collabore jusqu'en 1967, élaborant avec lui le style caractéristique de Cacharel.

Parallèlement, elle succède à Daniel Hechter chez Pierre d'Alby en 1962 et lance Emma Christie avec Christiane Bailly. Après cette association, elle est engagée en 1963 par le confectionneur ID à la demande de Maïmé Arnodin, qui en assure la direction artistique. À la fin des années 60, elle signe avec Missoni pour leur collection de maille et favorise leur implantation en France.

 

En même temps, elle signe une autre collection de tricots nommée le bistrot du tricot et travaille en Italie pour Krizia et Max Mara. En 1971, elle participe à Créateurs et Industriels et réalise un premier défilé sous son nom. Elle décide en 1972 de lancer sa griffe et s'associe à la société Troisa pour une licence de fabrication et de distribution.

Semaine du 24/03/2014 :

 

Zoom sur Emmanuelle Khanh (épisode 2/2) : son style

 

 

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Après 10 ans de collaboration, déçue par les prestations de son partenaire, elle rompt son contrat et parvient au terme d'un procès à racheter sa société en 1987 afin de reprendre en main la fabrication de son prêt-à-porter. Elle fonde alors Emmanuelle Khanh International, une holding qui a pour mission d'organiser le développement de la griffe et des licences.

 

Pionnière indiscutable du prêt-à-porter des années 60 ("La Haute Couture est morte" annonce-t'elle alors), Emmanuelle Khanh invente un style jeune, adapté aux envies de l'époque, composé de jupes à taille basse ou de jupes-culottes, de vestes près du corps, de cols cassés, de trench-coats, de tops en maille ou en coton imprimé de sa marque. Ses créations pour le jour apportaient à la France un équivalent du changement opéré par Mary Quant à Londres. Ses modèles rigoureux, très près du corps, s'inspiraient de la culture pop. Elle reprend et modernise l'allure décontractée et féminine des années 30

 

Elle lance également les parapluies transparents, les premières doudounes de ski ou les fourrures bon marché.

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Ayant ouvert à la création une voie différente de la Haute Couture, Emmanuelle Khanh aura une grande influence sur la mode française et internationale.

 

Pour en savoir plus :

Dictionnaire de la mode au 20ème siècle, Editions du Regard

Le musée de la mode, Editions Phaidon.

Voir les articles d'Emmanuelle Khanh chez Business Style

 

Semaine du 06/01/2014 :

 

Christian Dior, citations, épisode 1/3 :

 

Dior* LUXE : "Le vrai luxe exige un vrai matériau et la sincérité de l'artisan. Il n'a de sens que si ses racines puisent dans de vraies traditions."

 

Dior6* ARCHITECTURE : " Une robe telle que je la conçois est une architecture éphémère destinée à exalter les proportions du corps féminin."

 

" Pour satisfaire à mon souci d'architecture et de forme précise, je voulais que mes robes fussent "construites", moulées sur les courbes du corps féminin dont elles styliseraient le galbe."

 

Christian Dior - Business Style* PASSION : " Ce que je souhaite, plus que tout, c'est rendre les femmes pleinement désirables."

 

" Quoi que vous fassiez - pour le travail ou le plaisir - faites-le avec passion ! Vivez avec passion... C'est le secret de la mode, également celui de la beauté. Aucune beauté n'est séduisante sans cet élan."

 

Dior5* ELEGANCE : " Respecter la tradition et oser l'insolence, car l'un ne saurait aller sans l'autre."

 

" Je dirai seulement que l'élégance doit être un équilibre de simplicité, d'attention, de naturel et de distinction. Sans rien ajouter, ou il n'est plus question d'élégance, seulement de prétention."

 

Semaine du 13/01/2014 :

 

Christian Dior, son histoire, épisode 2/3 :

 

Christian Dior est né à Granville en 1905. De sa naissance à 1946, il tatônne, se cherche, abandonne Sciences Po et emploie ses journées et ses nuits à flâner dans un Paris, où loin de sa famille, il prend goût à la liberté. Grâce à sa famille toutefois, il ouvre une galerie d'art rue La Boëtie où il expose Dufy, Dali et Picasso mais la crise de 1929 touche ses parents (industriels dans la lessive Saint-Marc et la javel Dior).

 

En 1935, Christian se met sérieusement au dessin de mode. Premiers dessins vendus aux couturiers Robert Piguet, Paul Poiret, Nina Ricci, Schiaparelli, Molyneux et Lucien Lelong. En 1936, il s'installe dans son premier appartement (!) et devient modéliste salarié en 1938 chez Robert Piguet puis en 1941 chez Lucien Lelong.

 

En 1946, Marcel Boussac, l'un des hommes les plus riches de France - à la tête du CIC - donne carte blanche à un dilettante de 41 ans avec lequel il n'a qu'un point commun : le goût du travail bien fait. 7 mois seulement passent entre leur première rencontre et la première collection de Christian Dior le 12 février 1947. C'est un succès immédiat relayé par la presse américaine - la presse française était alors en grève - et les acheteurs des grands magasins américains passent commande aux ateliers situés au 30 avenue Montaigne, qui n'en finissent pas d'être agrandis ! Christian Dior est sacré maître du New Look ; à une époque de rigueur où chaque femme doit accomplir des prouesses pour s'habiller, il leur propose le faste, l'improbable, la démesure.

 

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Seul bémol au triomphe, une première crise cardiaque le frappe à la fin de l'année 1947, une autre en 1954 et c'est une dernière crise cardiaque qui l'emporte en 1957.

Voir les articles Dior Prêt-à-porter de Business Style

 

Semaine du 20/01/2014 :

 

Christian Dior, son style, épisode 3/3 :

 

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On mesure sur les visages la gamme des réactions provoquées par la première collection de Christian Dior, baptisée "New Look" par Carmel Snow, rédactrice chez Harper's Bazaar ayant organisé ce premier défilé. Le public semble choqué, désapprobateur ou enthousiasmé. Le New look captive les femmes en relançant la mode nostalgique des corsets et des jupes démesurément amples, nécessitant jusqu'à 50 mètres de tissu et d'ailleurs très controversées. " Quoi qu'il puisse m'arriver d'heureux dans la vie, rien ne pourra égaler ce moment-là."

 

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Les jupes s'allongent, s'évasent comme des corolles. Les bustes saillent, les tailles s'étranglent. Vive le trop ! Ses robes frôlent le sol et cachent genoux et jambes pour ne laisser apparaître que les chevilles. Christian Dior écrit : "La première saison fut brillante au-delà même de tous mes souhaits." Après des années de pauvreté et de tristesse vestimentaire, cette collection tombait à pic : avant tous les autres, Dior avait osé aller à contre-courant.

 

Ces tailleurs sculpturaux, cette veste ou cette robe dont on vantait les coutures retournées plus que parfaites sont coupés par un homme qui éprouvait la passion de l'architecture. Une robe Dior est un prodige de composition architecturale qui se dépose autour d'un corps. L'essentiel étant que l'architecture reste invisible, soit presque niée.

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Avec l'architecture et le végétal, la musique représente pour Dior la forme de la beauté absolue. La mode, plus tard, apparaîtra comme la synthèse, mixée par lui, de toutes ces influences.

  

Pour aller plus loin :

Les secrets de la mode, Yann Kerlau, Editions Perrin.

Christian Dior citations, choisies par Thierry Dussard, éditions Géants.

Le musée de la mode, éditions Phaidon.

Double Dior, Isabelle Rabineau, éditions Denoël.

  

Semaine du 25/11/2013:

 

Claude Montana : son histoire, épisode 1/2

 

Claude Montana - Business Style

Claude Montana est né à Paris en 1949.

Il démarre sa carrière sans un sou en fabriquant des objets bijoux en papier mâché à Londres. Il y est repéré par Vogue.

De retour à Paris, il devient assistant chez Mac Douglas où il travaille et apprend les techniques du cuir. En parallèle, en 1973, il réalise 4 collections pour Michelle Costas en Italie et Idéal Cuir.

Claude Montana - Business Style

En 1976, il réalise une collection griffée "Claude Montana pour Ferrer y Santis".

Claude Montana crée sa griffe et ouvre sa première boutique en 1979 à Paris au 131 rue Saint Denis.

Il travaille en 1981 pour la marque italienne Complice et reprend en 1989 la collection Couture de Lanvin.

Il obtiendra 2 dés d'or en 1990 et 1991.


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Semaine du 02/12/2013:

 

Claude Montana : son style, épisode 2/2

 

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Dès ses débuts, Claude Montana développe un style graphique, net et rigoureux. Dans les années 80, il mêle souvent le spectaculaire à la perfection technique. Il porte une attention soutenue aux encolures, réalise un travail en contraste avec la mode étriquée des années 70.

 

Il a une prédilection pour le bleu Klein et utilise surtout des matières naturelles comme le lin, la soie, le cuir.

 

Claude Montana - Business StyleDes vestes agressives, taillées dans du cuir, témoignent du style extrême de Montana. Des épaules larges, des formes paramilitaires accentuées par des épaulettes et des tailles sanglées ont dominé. Montana veut une forme simple et architecturée, et des lignes d'une pureté absolue dans un esprit constructiviste, comme Pierre Cardin dans les années 60.

Privilégiant à l'origine une silhouette aux épaules larges et aux hanches minces, il diminue les volumes au fil des collections pour se rapprocher du corps, tout en conservant ses constructions caractéristiques dans ses manteaux à col écharpe, ses étoles capes et ses étoles boule, ses cols igloo, toupie et hélice.

Claude Montana - Business Style

En refusant tout détail anecdotique au profit d'une recherche sur les accords de couleurs unies et sur les tissus, il exerce sa maîtrise technique sur la coupe du vêtement pour lui conférer, sous une simplicité apparente, une grande sophistication formelle.

Présentée pour l'AH 1992-93, sa 2ème ligne, griffée State of Claude Montana, est vendue à des prix accessibles dans une boutique de la rue des Petits-Champs à Paris.


Claude Montana - Business Style

Voir les articles Montana de Business Style

Pour aller plus loin :

 

Créateurs de mode, Pamela Goldin, éditions du Chêne.

Le musée de la mode, Editions Phaidon.

Dictionnaire de la mode au XXème siècle, Editions du Regard.

 

Semaine du 04/11/2013:

Christian Lacroix : son histoire (épisode 1/2) :

Christian Lacroix

Christian Lacroix est né à Arles en 1951. En 1978, il entre chez Hermès grâce à Jean-Jacques Picard où il apprend le B.A. BA des aspects techniques du métier de couturier. En 1980, il est styliste chez Jean Patou. Il reçoit son premier dé d'or en 1986. Il lance sa première collection en 1987 et reçoit en 1988 son 2ème dé d'or. En 1988, il est le 3ème couturier après Christian Dior et Giorgio Armani à faire la couverture du Time aux Etats-Unis.

En 1994, il lance une ligne sportswear plus accessible "Bazar de Christian Lacroix" et une ligne de jeans en 1996.

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Christian Lacroix révèle une personnalité proche de celle de Dior, caractérisée par une timidité provinciale, un côté bien élevé, le respect des traditions et l'incertitude permanente. Il possède une vraie répugnance à conquérir les médias et reste quelqu'un de difficile à décrire.

 

Ces dernières années, il officie également dans la décoration - dont l'histoire l'a toujours attiré - avec le réaménagement intérieur des rames du TGV Ouest et le lancement d'une collection mobilier/tissus/décoration.

 

 

Christian Lacroix - Business Style

 

Semaine du 11/11/2013:

 

Christian Lacroix : son style (épisode 2/2) :

 

Christian Lacroix - Business Style

Le style de Christian Lacroix est un dialogue entre ses racines provençales, le goût du folklore et sa passion du costume. Il ose des mélanges qui surprennent, des tonalités éclatantes et des matières extravagantes. Il juxtapose des images, des styles et des références et s'appuie sur le passé pour proposer des patchworks. Sir Cecil Beaton qui était créateur de costumes, de décors et de maquillages a eu une grande influence sur Christian Lacroix. L'Espagne, également.

Christian Lacroix - Business Style

1998 est une année au cours de laquelle sont sacrés les exotismes français de Christian Lacroix. On s'est inspiré jusqu'ici des pays lointains : Russie, Inde, Chine, Afrique. Lui puise dans le folklore arlésien ! Le monde de la mode, de New York à Tokyo, reste bouche bée devant la profusion baroque, le mélange fou d'imagerie religieuse, de tauromachie, de traditions provençales et gitanes. Durant plus de 20 ans, une région perdue du Sud de la France - entre Arles et la Camargue - devient le pôle de tous les fantasmes et les pâmoisons.

Christian Lacroix - Business Style

 

Voir les articles Christian Lacroix (ligne principale et Bazar) dans le catalogue Prêt-à-Porter de Business Style.


Pour aller plus loin :

 

Christian Lacroix, collection Mémoire de la Mode, François Baudot, Editions Assouline.

Créateurs de mode, Pamela Goldin, Editions du Chêne.

Fashion, mode d'emploi, Catherine Schwaab, Editions Flammarion.

  

 

Semaine du 30/09/2013:

 

Jean-Paul Gaultier : son histoire

Jean Paul Gaultier - Business Style

Jean-Paul Gaultier est l'archétype du Français original et pétillant d'humour. Il a fait partie de ce jaillissement de jeunes créateurs des années 80 venus bouleverser et enrichir les canons de la beauté.

 

Il est né en 1952 à Arcueil, enfant unique d'un comptable et d'une caissière. Sa grand-mère l'initie très tôt à la couture. Médiocre au lycée, il se passionne pour le dessin de mode ; dès 1967, il réalise ses premiers dessins de mode qui accompagnent ses compte-rendus de journaux féminins et les expédie par courrier aux couturiers parisiens (Pierre Cardin...).

Jean Paul Gaultier - Business Style

En 1970, il apprend la technique du métier de styliste à mi-temps chez Pierre Cardin, très exigent mais aussi chez Jacques Esterel. En 1971, il travaille avec Michel Goma chez Jean Patou puis revient chez Pierre Cardin en 1974 pour diriger la ligne licence aux Philippines pour le marché américain.

C'est en 1976 qu'il lance sa première collection de prêt-à-porter. Celle-ci ne marche pas. Découragé, il songe à tout abandonner quand le groupe japonais Kashiyama - fabricant et diffuseur de PAP - lui remet le pied à l'étrier.

Les années 80 le voient triompher et se développer : accessoires, ligne masculine, parfums, mobilier.

Jean Paul Gaultier - Business Style

Dans les années 90 et 2000, il crée des costumes pour les ballets et le cinéma, habille

la tournée mondiale de Madonna, les concerts de Mylène Farmer.

De 2004 à 2010, la maison Hermès lui demande de signer son prêt-à-porter contre une solide participation dans sa société.

 

Semaine du 07/10/2013:

 

Jean-Paul Gaultier : son style

 

 

Jean-Paul Gaultier s'inscrit dans une sociologie qui vient de la rue ; il prend les corsets, l'iconographie religieuse en référence et invente les jupes pour hommes (première en 1985, puis le kilt), les tenues transgenre pour femmes.

Logo Jean Paul Gaultier - Business Style

La récupération des restes est un des principes de Jean-Paul Gaultier, avec le recyclage et les idées détournées. A ses débuts, ses fouilles dans les fripes lui permettent de prendre connaissance des modes et vêtements d'hier et d'approfondir ses recherches sur les tissus. Il souhaite rapprocher les notions d'élégance et de vulgarité, de distinction et d'ordinaire, de beauté et de laideur. Jean-Paul Gaultier aime brouiller les pistes Homme/Femme. La femme assume son désir comme un homme : elle porte des fourreaux noirs découpés, lacés, des corsets qui lui font rebondir les seins ; elle a souvent un côté canaille, très parisien.

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Il avoue l'influence prépondérante des punks anglais des années 70 et son style, encore aujourd'hui, en est imprégné : extravagant, destroy, méchamment sexy.

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Il faut observer la construction de ses vêtements classiquecouture, avec des détails contemporains - rayures spéciales ou fente insolite. Une veste Gaultier se garde une vie.

Pour aller plus loin :

 

Fashion, mode d'emploi. Catherine Schwaab. Editions Flammarion.

Créateurs de mode. Pamela Goldin. Editions du Chêne.

Mémoire de la mode. Farid Chenoune. Editions Assouline.

 www.jeanpaulgaultier.com/fr

Voir les articles Jean Paul Gaultier de Business Style.

 

Semaine du 01/07/2013 :

Yohji Yamamoto

Episode 1/2 : « l’histoire du couturier. »

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« Ceux qui portent mes vêtements tiennent à affirmer un point de vue ».

Le travail de Yohji Yamamoto consiste en une réflexion de la mode sur elle-même. Il met en place une mode sans frontière et sans âge. Son style joue sur le minimalisme des formes et la lutte entre les lignes, les matières et les couleurs ; le corps devient alors secondaire.

Yohji Yamamoto - Business Style

Yohji Yamamoto est né en 1943 à Tokyo. Orphelin de guerre, il est élevé seul par sa mère couturière, qui travaille 16h par jour pour subvenir aux besoins du foyer. Elle le veut avocat, mais lui veut travailler avec elle à la boutique. Après sa formation de juriste, il s’inscrit donc à 23 ans dans une école de mode pour avoir les bases, le Bunka Fashion College ; il est le plus âgé et le seul garçon.

Parallèlement, il travaille en free-lance et confectionne des robes pour les clientes de sa mère. L’obtention de deux bourses lui permettent de séjourner 8 mois à Paris en 1970, pendant lesquels il prend le temps d’observer les parisiens de Saint Germain.

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Deux ans plus tard, de retour à Tokyo, il fonde sa marque Y’s pour femmes. Sa première collection éclot en 1977.

En 1981, de retour à Paris, il crée une ligne plus pointue, Yohji Yamamoto. Sa compagne, Rei Kawakubo est la fondatrice de la marque Comme des Garçons. Avec elle, il révolutionne l’idée du luxe et de l’élégance. Ses vêtements flottants sont aux antipodes du sexy et il dit ne pas faire de différence entre une coupe féminine et une coupe masculine.

En 1984, il lance sa première collection pour hommes.

En 2002, il couvre l’ensemble du marché avec une première collection de prêt-à-porter. Il collabore également avec d’autres marques telles que Adidas (sport), Coming Soon (bagages), Repetto et Doc Martens.

 

Sa fille Limi Feu suit ses traces avec une griffe qui défile à Paris depuis 2007.

 

Semaines du 29/07/2013 et du 05/08/2013:

 

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Episode 2/2 : « le style du couturier : "L'espace, c'est le mouvement". »

 

Le style de Yohji Yamamoto est sobre et austère. Il décompose les formes de la silhouette pour une nouvelle définition de la beauté. Le vêtement est un accessoire de dignité. Il n'a pas pour rôle de décorer, de chamarrer le corps. Au contraire, il doit s'effacer pour laisser s'affirmer la personnalité de celui qui le porte.

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En se remettant dans le contexte de l'époque, les années 50 ont vu croître la toute-puissance des couturiers, tandis que les années 60 ont été celles des stylistes, liés au développement des grandes marques industrielles. Yohji Yamamoto, sensible aux courants de son époque, souhaite mettre en place un nouveau code de pudeur. L'asymétrie, la rupture d'équilibre est à la base de ses silhouettes.

 

Dans les années 80, son style est ample, opaque, épais, obscur. Les vêtements ont un effet déjà usé. Les capes sont surdimensionnées, les manteaux déstructurés, les vestes asymétriques. Il pose sur la clavicule le point le plus lourd du tissu pour créer ses modèles. Pour lui, la symétrie - symbole de perfection - n'est pas assez humaine. Le noir reste sa couleur de prédilection car il est la silhouette de tout. Peu à peu, il est revenu à des structures plus ajustées, plus formelles, avec un passionnant travail sur la couleur, profonde ou en touches lumineuses.

 

Ses coupes sont aujourd'hui classiques, rectangles impeccables ou grands volumes graphiques, beaucoup plus féminines. Yohji Yamamoto semble n'avoir jamais porté d'intérêt à l'influence japonaise mais la tradition reste sous-jacente dans ses collections et l'opposition Est-Ouest également.

 

Pour aller plus loin :

 

Créateurs de mode. Pamela Goldin. Editions du Chêne.

Fashion, mode d’emploi. Catherine Schvvaab. Editions Flammarion

Yohji Yamamoto. François Baudot. Collection Mémoire de la mode.

 

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www.yohjiyamamoto.co.jp/